
Texte 1
« Il est bon que les gens nous paraissent un peu bizarres, c’est le signe que au moins nous avons posé sur eux notre regard…
Ce qui importe c’est qu’ils nous bousculent, nous surprennent, nous fassent bouger dans notre tête.
On ne devrait jamais sortir indemne d’une rencontre,
quelle qu’elle soit, ou du moins en sortir inchangé ; fût –ce d’un atome,
on devrait chaque fois se trouver altéré.
Une légende hassidique raconte que toute personne possède au ciel une lumière qui lui est propre, et ainsi, dès que deux personnes se rencontrent, leurs lumières font de même ;
de
ce contact jaillit une nouvelle lueur qui se nomme ange.

Mais cet ange né du face à face de deux vivants est éphémère, sa durée d’existence est de douze mois, aussi disparaît-il si au terme d’un an les deux êtres qui avaient provoqué sa naissance ne se sont plus revus.
Tout ange engendré par une rencontre meurt au fil d’une trop longue absence, il a besoin pour luire que les deux sources de son éclat
restent en relation sur la terre.
-Avec toutes les pannes de courant affectif en tous genres qui ont lieu sur la terre, le ciel doit être jonché de poussières d’anges jetés aux oubliettes !
-Oui et non. La légende ajoute aussi que l’ange disparu à la suite de la séparation de ceux qui l’avaient engendré peut renaître si ces deux personnes se retrouvent de nouveau et prononcent une bénédiction en se saluant.(…)
L’ange des retrouvailles avec qui que ce soit, doit être tout lumineux de pardon, d’indulgence, de douceur . »
Eclats de sel, S.Germain
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Texte 2
« Chaque geste que tu fais peut t’ouvrir ou te fermer une porte. Chaque mot que bredouille un inconnu peut être un message à toi adressé. A chaque instant la porte peut- s’ouvrir sur ton destin et par les yeux de n’importe quel mendiant, il peut se faire que le ciel te regarde. L’instant où tu t’es détourné, lassé, aurait pu être celui de ton salut. Tu ne sais jamais. Chaque geste peut déplacer une étoile.
(…) Je dois me mettre en marche, sachant que comme tous ceux qui m’ont précédée, je n’arriverai nulle part, que comme tous ceux qui sont partis avant moi, j’échouerai, que je vais vers ma défaite certaine et que pourtant- silence des galaxies- tout cela n’est pas le moins du monde triste. Personne n’exige de moi que je réussisse, mais seulement que je franchisse un pas en direction de la lumière. L’important n’est pas que je porte le flambeau jusqu’au bout, mais que je ne le laisse pas s’éteindre. »
C.Singer : Où cours-tu ?
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Texte 3
« Une poupée de sel parcourut des milliers de milles sur
la terre ferme, pour parvenir finalement jusqu’à la mer. Elle était fascinée par
cette étrange masse en mouvement, absolument différente de tout ce qu’elle avait
vu jusque là.

« Qui es-tu ? » demanda la poupée de sel à la mer. Celle -ci sourit et répondit :
« Entre dans mon eau, tu verras »
Alors, la poupée entra en pataugeant dans la mer. Plus elle avançait, plus elle se dissolvait, jusqu’à ce qu’il ne restât plus qu’une seule toute petite partie d’elle-même. Avant que cette dernière petite partie ne se dissolve, la poupée s’exclama, toute émerveillée :
« Maintenant je sais qui je suis » !

Parabole légendaire rapportée par A. de Mello
(Comme un chant d’oiseau)
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La couverture du livre textile et les illustrations d'Anne